Le risque d’incendie en open space

Une expérience menée par l’Imperial College of London a mis en évidence un type de risque sous estimé : les incendies itinérants. Des incendies amenés à être de plus en plus fréquents avec l’ouverture des bureaux en open space.

La maitrise du risque incendie

Lors de la conception d’un bâtiment, il est important de prendre en compte le risque incendie. La prise en compte du risque par les ingénieurs structurels va avoir une influence sur l’architecture du bâtiment.

Pendant longtemps, le principal type d’incendie identifié dans la propagation des feux d’immeubles était l’embrasement généralisé éclair. Ce mécanisme redoutable a lieu principalement dans les espaces semi-ouverts. Il est lié à l’accumulation importante de gaz inflammables créés par pyrolyse des objets et du mobilier. Lorsqu’un espace tel que la pièce annexe à la pièce incendiée est remplie par ces gaz, un apport d’oxygène suffisamment important peut provoquer leur combustion spontanée. La pièce s’embrase alors instantanément. Ce phénomène est particulièrement redouté par les pompiers à cause de sa survenue brutale et sa force destructrice.

Des mécanismes comme les portes coupe-feux permettent d’éviter la propagation de ce genre de feux qui avalent des pièces entières.

Bureaux modernes

Les années 2000 voient l’essor des bureaux en open-space. Ces bureaux d’une grande superficie limitent considérablement le risque d’embrasement éclair. Pour autant, des évènements comme les attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001 ont montré que cette architecture n’empêche pas la propagation des incendies.

Puisque la tendance semble se diriger vers plus de bureaux ouverts, il devient donc important de s’intéresser à la dynamique des incendies dans ces espaces.

C’est pour mieux comprendre ces phénomènes que les chercheurs de l’Imperial College of London ont mis au point l’expérience x-ONE.

Les incendies itinerants

Cette expérience inédite fut menée en Pologne dans un bâtiment agricole désaffecté. Le hangar, d’une superficie de 380m² et d’une longueur de 35,5m, vise à reproduire un environnement similaire à de grands bureaux ouverts.

Le feu fut déclenché à une extrémité du bâtiment, le but étant d’étudier le comportement et la rapidité de propagation de l’incendie jusqu’à l’autre extrémité.

Prof Guillermo Rein 🔥 on Twitter: "x-ONE Fire Experiment in a Very Large  and Open-Plan Compartment To be presented at Hawaii #SFPEPBD18 by  @Egluzelea and @nievesfdezanez… https://t.co/yV3zxn9Nhx"
L’expérience x-ONE

Les résultats de cette expérience ont montré que le feu s’est propagé d’un bout à l’autre en à peine 12 minutes. La vitesse de propagation du feu s’est rapidement accrue au fur et à mesure de son avancée.

Traveling fires pose an underestimated risk to open building spaces
La vitesse de propagation de l’incendie s’est fortement accrue

Nous avons constaté que les batiments à aire ouverte sont en fait vulnérables aux incendies itinérants, mais ce type d’incendie n’est pas autant pris en compte dans l’ingénierie de structure que les embrasements éclairs.

Guillermo Rein, auteur de l’étude

Cette expérience a ainsi mis en évidence le phénomène d’incendie « itinérant », une propagation du feu sans l’intervention d’embrasement éclair.

Selon le Dr Egle Rackauskaite, qui a dirigé l’étude : « Ces incendies ont été rarement étudiés à titre expérimental. Certaines structures modernes ont des espaces décloisonnés entre quatre et cinquante fois plus grands que les plus grandes études comportementales des incendies en milieux cloisonnés. Des recherches plus approfondies doivent permettre de combler les lacunes en ingénierie de conception anti-incendie. »

Quelques liens externes

L’étude menée par les scientifiques du College Imperial de Londres

Guillermo Rein est le principal auteur de cette étude sur les incendies itinérants

L’article de Science Daily sur cette étude

Le concept d’embrasement éclair

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